Le Capim Dourado, cet or végétal unique, de la Terre à l’Éclat
RÉCIT – Né au cœur des plaines arides du Jalapão au début du siècle dernier, le Capim Dourado est devenu le symbole d’un luxe éthique et protégé. Entre tradition ancestrale et rempart contre l’exploitation, enquête sur une fibre qui ne s’exporte que façonnée par la main de l’homme.
L’héritage du Capim Dourado à Mumbuca : Une rencontre de cultures
Tout commence dans l’isolement du Cerrado brésilien, au tournant des années 1920. Dans le village de Mumbuca, une communauté de descendants d’esclaves (Quilombolas) survit grâce aux ressources de la terre. C’est ici que s’opère une fusion historique : les indigènes de l’ethnie Xerente transmettent aux habitants l’art de tresser les herbes sauvages.
À l’époque, point de bijoux. Le Syngonanthus nitens, cette plante qui brille naturellement comme de l’or une fois à maturité, est utilisé pour fabriquer des objets utilitaires : chapeaux, paniers et nattes. Pendant des décennies, ce savoir-faire reste un secret bien gardé, confiné aux frontières sauvages de l’État du Tocantins.
L’envolée vers la modernité
Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que le Capim Dourado sorte de l’ombre. Sous l’impulsion de coopératives locales et d’artisans visionnaires comme la célèbre Doutora, le tressage s’affine. Les lignes deviennent plus graphiques, les finitions plus élégantes. En quelques années, l’objet de cuisine devient un accessoire de mode prisé sur les podiums internationaux. Mais ce succès fulgurant a failli coûter cher à la région.

La protection du Capim Dourado au JalapãO : Protéger la ressource et l’humain
Face à la demande mondiale croissante, un risque de pillage écologique et économique est apparu. Pour éviter que la matière première ne soit envoyée en masse dans des usines étrangères, le gouvernement du Tocantins a pris une décision radicale et exemplaire : la stricte interdiction d’exporter la fibre à l’état brut.
Aujourd’hui, le Capim Dourado est protégé par une législation rigoureuse :
Seuls les produits finis sortent du Brésil : Cette mesure garantit que la valeur ajoutée et les revenus du travail restent au sein des communautés locales. On ne vend pas l’herbe, on vend le talent.
La récolte protégée du Capim Dourado : Elle n’est autorisée qu’entre le 20 septembre et le 31 octobre, lorsque la tige est sèche et que les graines sont mûres pour retomber en terre.
Le Capim Dourado : un luxe durable et d’avenir
Aujourd’hui, le Capim Dourado n’est plus seulement une curiosité artisanale. C’est le porte-drapeau d’une économie circulaire et durable. En interdisant l’exportation de la plante non travaillée, le Brésil a transformé le Jalapão en un sanctuaire de savoir-faire.
Chaque pièce qui arrive en Europe raconte la même histoire : celle d’une plante que l’on ne cultive pas, que l’on ne traite pas, mais que l’on respecte. Un morceau de soleil brésilien, tressé par ceux qui l’ont vu naître.

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