Rencontre au cœur du Jalapão
Xavier, l’orfèvre de l’ombre : « Le Capim Dourado est un cadeau de la terre »
INTERVIEW – Pour ce nouvel article de nos Carnets de Voyage, nous avons posé nos valises dans l’atelier de Xavier. Depuis plus de 15 ans, il transforme l’herbe dorée en bijoux d’exception. Entretien exclusif sur l’artisanat du Capim Dourado.
Or Sauvage : Bonjour Xavier ! Pour commencer, peux-tu nous expliquer ce qui rend l’artisanat du Capim Dourado si particulier à tes yeux ?
Xavier : Bonjour ! Vous savez, ici au Jalapão, on dit que l’herbe capte la lumière du soleil pour nous la rendre. Ce qui est magique avec l’artisanat du Capim Dourado, c’est que nous ne transformons pas la matière avec des machines. Tout est une question de patience et de précision manuelle. Chaque tige est cousue avec une fibre très fine, la soie de buriti. C’est un dialogue constant entre la nature et la main de l’homme.
Or Sauvage : On parle souvent de « l’or végétal ». Est-ce difficile de travailler cette fibre ?
Xavier : C’est une matière vivante ! Elle est robuste mais demande de la délicatesse. Si vous tirez trop fort, elle casse. Si vous n’êtes pas assez précis, le tressage ne captera pas la lumière de la même façon. Pour moi, l’artisanat du Capim Dourado est une méditation. On ne peut pas se presser. Il faut respecter le temps que la plante a pris pour pousser.
Or Sauvage : Quelle est l’étape la plus importante pour garantir la qualité de vos créations ?
Xavier : Sans aucun doute la sélection. Je passe des heures à choisir les tiges les plus éclatantes. Mais au-delà de l’esthétique, c’est le côté éthique qui compte. Nous ne récoltons que ce dont nous avons besoin, une fois par an. C’est cette gestion durable qui fait la valeur de notre travail aujourd’hui.
Or Sauvage : Un dernier mot pour nos clientes en France ?
Xavier : Quand vous portez l’un de nos bijoux, vous portez un morceau de notre Cerrado. J’espère que vous ressentirez la chaleur du soleil brésilien et l’amour que nous mettons dans chaque point de couture.
